Dernière date parisienne pour le World Magnetic Tour ’09 des Four Horsemen le 2 avril dernier. Ayant réussi a arracher deux places en fosse sur les serveurs de tickenet pour l’ami Syd et moi-même, nous nous sommes rendu au Palais Omnisport de Paris Bercy jeudi dernier.

Après huit longues heures d’attente à l’extérieur, placés au deuxième rang en fosse, les lumières s’éteignent, laissant dans le noir un Bercy pas tout à fait encore rempli. The Sword, le tout premier groupe à entrer en scène, laisse raisonner des riffs de guitare qui nous rappellent ce pourquoi on aime la musique. Durant une demi-heure, la sonorisation était moyenne, laissant peu de place à la voix mais surtout à la batterie. Le style du groupe est sympa, mêlant un style de surfeur californien pour les guitaristes et bassistes et un look à la Blackmore pour le chanteur. En spécial guest : Lars Ulrich pour accompagner la formation sur la dernière chanson. Pour écouter quelques pistes de The Sword, c’est par ici : www.myspace.com/thesword.

Kyle Shutt The Sword
Kyle Schutt de The Sword

Un petit quart d’heure de pause et les Machine Head entrent en scène, l’heure de la bonne déculottée a sonnée. Les premières langoureuses notes de « Clenching The Fists Of Dissent » se font entendre, faisant monter peu à peu la pression dans le public. Dès le premier coup de mitraillette à la double caisse, le ton était donné : ce sont des monstres et qu’est-ce que c’est bon ! S’ensuit le monumental « Imperium » et son redoutable « Hear Me Now !!!! »… et là… aucun moshpit, malgré la tentative de Robb Flynn (guitare & chant) de lancer un circle-pit dans la fosse 😐 Bref, par moments, un public aussi motivé qu’un metalleux à un concert de Rika Zaraï. Un petit hommage est rendu a Dimebag Darell avec le morceau « Aesthetics Of Hate » et son sublime double-solo. Ensuite, « Halo » et son riff mélodique envoûtant a failli me faire verser une p’tite larme devant une telle prestance du chanteur et une telle ambiance musicale… C’était également l’anniversaire de Phil Demmel, le guitariste soliste, qui a eu le droit à un petit air de « Joyeux Anniversaire » chantonné par le public, accompagné par la guitare de Rob Flynn et la batterie de Dave McClain. La session s’est vue achevée a coup de « Davidian ». La sono semblait s’être améliorée, laissant plus d’air aux guitares et à la voix. Ce fut une heure de jeu surpuissant, mais une demi-heure de Machine Head en plus n’aurait vraiment pas été de trop, et comme le disait cette bannière : « Machine Head, kick my fuckin’ ass ! »

Kyle Shutt The Sword
Adam Duce de Machine Head

Un peu plus d’une demi-heure après, les lumières s’éteignent à nouveau et la mélodie du célébrissime « The Ecstasy Of Gold » se laisse entendre. Moment planant, briquets et écrans de téléphones portables se balançant dans la foule, simply magic ! Puis le pouls d’intro de « That What Just Your Life » arrive crescendo pour compléter l’ambiance mystérieuse fixée par les cercueils flottants au-dessus de nous. Les premiers coups de caisse raisonnent et à mon grand étonnement ce sont des lasers qui traversent la salle, tels un concert de Daft Punk, mouais. Effet visuel tout de même sympa : Rob Trujillo, reflète les lasers avec sa basse chromée, le tout sur un riff à 200 à l’heure. Le charismatique James Hetfield nous souhaite la bienvenue et lance immédiatement la deuxième piste de Death Magnetic, « The End Of The Line ». Après quelques précisions de James du genre « You know, tonight we’re going to mix some new stuff with… old stuff, because the both together gets good… » c’est reparti avec « The Four Horsemen » et « Holier Than Thou » ! Les lumières s’éteignent, le calme… Vite perturbé par des coups de mitraillette et de fusil, oh c’que c’est bon, « One » vient nous brutaliser ! Début émouvant, les Four Horsemen se regroupent au milieu de la scène centrale, puis Kirk Hammett en fait le tour à coups de solos acoustiques. Absorbé par ces riffs, la surprise est parfaite lors du moment le plus violent de ce morceaux : des flammes jaillissent du sol, l’extase. On repart sur du Death Magnetic avec « Broken, Beat & Scarred », « My Apocalypse » et « All Nightmare Long » ponctués d’un bluesy « Bleeding Me » apparu comme un cheveux sur la soupe et d’un surpuissant « Sad But True ». Cette première moitié de concert est conclue par un solo-branlette de Kirk sympathique.

Cercueil Metallica
Décors

On rembraye rapidement sur un « The Day That Never Comes » attendu puis sur un « Master Of Puppets » mythique. Dans un élan de folie, « Fight Fire With Fire » a été enchaîné. Kirk a ensuite fait pleurer sa Crybaby à quelques mètres de nous pour un deuxième solo d’une facilité déconcertante. Puis, deuxième moment de grande émotion musicale avec « Nothing Else Matters » suivi d’un « Enter Sandman » cinglant. Les lumières s’éteignent pendant quelques minutes.

C’est l’heure du rappel, avec comme premier morceau une reprise de « Motorcycle Man » des Saxons avec en guest le chanteur Biff Byford. Metallica sait rendre hommage au groupe qui a participé à leur succès. L’album Kill ‘Em All vient conclure la prestation des ‘tallica avec leur premier titre « Hit The Lights » et le légendaire « Seek And Destroy », sur lequel un lâché de ballons au nom du dernier album a été prévu pour finir ces deux heures de Metallica en beauté.

Biff Byford
James Hetfield et Biff Byford sur « Motorcycle Man »
(Crédits photo)

La longue journée d’attente à l’extérieur a finalement été justifiée : malgré quelques soucis de son, de solos parfois rattrapés, je reste impressionné par The Sword, ému par Machine Head et sidéré par Metallica, qui sont définitivement mes légendes vivantes.