Gaîté Lyrique Public Domaine

A la Gaîté Lyrique se tient depuis le 18 juin Public Domaine, une exposition sur la culture skate. Ne reniant pas mes mauvaises habitudes, c’est à un peu plus d’une semaine de la fin que je m’y suis précipité avec Bob. Skateboard et rock’n'roll, c’est tout du moins ce que je croyais.

Les fans de Lords of Dogtown et d’autres genèses de la planche à roulettes vont être frustrés : même si les origines du skateboard moderne sont abordées par le biais du magazine Thrasher, ce n’est pas le point d’orgue de cette exposition au nom rappelant pourtant un film de Stacy Peralta, ancien skater professionnel et membre des anticonformistes Z-Boys. L’accent est mis sur la poésie de la planche à roulettes ; ce qu’elle inspire, ce qu’elle a transmis au cours des années dans l’art graphique, plastique mais aussi audiovisuel et numérique.

Il y a quelques années, j’ai souvent pu assassiner mes planches à coups de boardslide et d’autres barbaries glissées jusqu’à ce que mort s’en suive, mais je n’avais jamais vraiment prêté attention aux sens des visuels de chacune d’entre elles, aussi nombreux soient-ils. Le parallèle avec la musique rock n’est pas si loin ; politique, sexe, religion se font la part belle parmi les artistes skateboardistiques. S’en suivent des projections vidéos, empruntes de lyrisme et d’expérimentations aussi bien visuelles que sonores : exit les traditionnels enchaînements de runs battus d’une musique pas toujours bien léchée, place à des ambiances sonores et des univers visuels plus développés, frôlant parfois même l’abstrait.

Gaîté Lyrique Public Domaine 1
Gaîté Lyrique Public Domaine 2
Gaîté Lyrique Public Domaine 3

Et puis il y a cette rétrospective des 30 ans du magazine Thrasher qui malgré ses quelques clichés détraqués semble encore un peu sage, comme si Ali Boulala ou Jim Greco n’étaient finalement que bisounours au postérieur un peu trop souvent exhibé.

De belles installations, des planches inspirées mais au final toujours ce sentiment de pureté dans la culture skate, et dans lequel je ne me retrouve pas ; celui qui oublie que le grip râpe les Vans, décolle la rate et fait vivre bien plus que quelques élégances visuelles au sein d’un team. Je ne parle que de l’exposition en elle-même, et à la vue des événements passés, le sujet semble tout de même traité plus en profondeur. Si vous avez une heure à tuer dans la capitale, il vous reste jusqu’au 7 août pour en profiter (ya même une rampe sur le parvis, un concert ce soir et une projection jeudi prochain).

Gaîté Lyrique Public Domaine 4
Gaîté Lyrique Public Domaine 5