Borgia Canal+

Une fois encore, Canal+ ne manque pas de nous proposer de nouvelles productions originales dès la rentrée. Après avoir brillé avec Maison Close, la chaîne cryptée cassera à nouveau les codes de la série historique en octobre prochain avec Borgia.

Synopsis

C’était l’époque de Michel-Ange, mais aussi celle de Machiavel. Un sombre mélange entre foisonnement intellectuel, guerres incessantes et dépravation insensée. Au coeur de l’ordre mondial il y avait le Vatican, et en son centre, il y avait un homme que sa soif de pouvoir poussa à rechercher l’ultime récompense, le Saint-Siège. Un homme dont le nom devait devenir synonyme de cruauté et dont le règne en tant que pape restera dans les mémoires comme l’un des chapitres les plus tristement célèbres de l’histoire de l’Église catholique : Rodrigo Borgia. Ses quatre enfants – Jean, César, Lucrèce et Gioffre – aux personnalités antagonistes, représentaient pour Rodrigue un défi aussi important que les manoeuvres de ses adversaires politiques et religieux.

Le défi était de taille pour les français de Atlantique Productions afin de rivaliser avec les bulldozers américains (dont la série Borgias, arrivant la même année sur Showtime). Parler de la religion catholique, à la renaissance, était de plus, un risque de passer pour une série poussiéreuse. Ayant pu assister à la projection des deux premiers épisodes (merci à Emery) sur les douze programmés, je partais avec ce scepticisme d’un rendu pouvant être soit plat soit agréablement surprenant.

Tom Fontana, créateur de la série – et à qui l’on doit notamment Oz –, s’est assuré de swiffer ce préjugé en offrant un récit historique d’une manière très contemporaine. Bien que l’épisode d’introduction présente quelques longueurs du côté de la narration – dû au grand nombre de personnages à mettre en place –, le soin apporté à l’esthétique des décors, des costumes et à la mise en scène n’en reste pas moins captivant. Au fur et à mesure, l’immersion devient totale, atténuant les défauts de rythme pour laisser place à une vision du clergé très crue, sanguinaire et sans détours ; pouvoir, orgueil, rivalité, manigances, sexe, torture et situations cocasses. Le casting international et son lot d’accents perturbants paraissent à première vue déroutants, mais n’en restent pas moins une richesse habilement exploitée, au profit de la psychologie des personnages déjà très marquées par un jeu expansif.

Même si l’action se déroule à la fin du XVè siècle à Rome, les amateurs de films de gangsters y trouveront particulièrement leur compte, bien que Don Corleone n’ait jamais élu domicile dans la cité papale. À voir donc, au moins pour cette esthétique si particulière – et la curiosité historique.

La galerie photo, en attendant les affiches officielles qui seront shootées par mister Lachapelle :

Le making of :