Même avec du beau temps, je trouve le culot d’aller m’enfermer dans les salles obscures. Je ne vais pas m’attarder sur Inception, qui a déjà largement été félicité et auquel je n’ajouterai que des commentaires positifs, mais plutôt sur Chatroom, de Hideo Nakata. Ce long-métrage britanno-japonais n’est pour le moment sorti qu’en France, dans certains cinémas indépendants, et n’a rien a voir avec le David Fincher en préparation, The Social Network.

Chatroom

William, 17 ans, solitaire, passe son temps sur internet et ouvre un forum de discussion pour les adolescents de sa ville.
Rejoints par Eva, Emily, Mo et Jim, tous vident leurs sacs sur leurs parents, leurs soi-disant amis, leurs émois, leurs traumatismes. William, très à l’écoute, les conseille et les incite à s’affranchir de leurs problèmes par l’action…
Aucun d’eux ne sait que dans la vie réelle William est un adolescent perturbé, et qu’il est déterminé à influencer le groupe sur son Chatroom « à la vie – à la mort »…

En compétition dans la section Un Autre Regard du Festival de Cannes 2010, le film m’a plutôt emballé. Connu pour ses ambiances glauques, Hideo Nakata nous plonge figurativement dans l’univers virtuel des salons de discussions en ligne. Cette dernière phrase est incompréhensible ? Disons plus simplement que les salons de discussions sont physiquements représentés par des pièces décorées selon les goûts de ceux qui la fréquentent. Cette dimension offre donc des possiblités de mise en scène qui m’ont vraiment plu. Ajouté à ça une bande son du tonnerre, relevant le rythme un peu mou de temps à autres. J’ai également regretté le manque de décors londoniens, malgré un petit aperçu de Regent’s Park et de Camden Town. Quant au casting, Aaron Johnson (Kick Ass) mène parfaitement la danse, Imogen Poots embrasse un rôle de bourgeoise parfait et Hannah Murray (déjà vue dans la serie britannique Skins) celui d’une niaiserie qui en deviendrait presque une habitude !

Au final, un peu long par moment, mais le thème principal (et parfois très caricaturé) de la dérive des relations virtuelles est dans son ensemble bien traité, en ces temps de remise en question sur les réseaux sociaux et la vie privée.

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