Machine Head The Blackening

Tracklist :
1. «Clenching The Fists Of Dissent» – 2. «Beautiful Mourning» – 3. «Aesthetics Of Hate» – 4. «Now I Lay Thee Down» – 5. «Slanderous» – 6. «Halo» – 7. «Wolves» – 8. «A Farewell To Arms»

Date de sortie : 26 mars 2007 (réédition deluxe en 2008)

Déjà époustouflant, Through The Ashes Of Empires, marquait la résurrection de la formation heavy metal américaine que beaucoup considéraient comme morte et enterrée suite aux différents problèmes de label et de départ au sein du groupe. Avec The Blackening et son imagerie moyenâgeuse, Machine Head ne se prive pas de pousser mémé dans les orties et de confirmer sa renaissance.

«Clenching The Fists Of Dissent», une ouverture mélancolique sur quelques lents accords acoustiques soutenus par une ambiance sonore pesante, rien de tel pour entamer un peu plus de soixante minutes de riffs aussi acharnés que captivants. Le ton de l’album, et dorénavant de la majorité de leurs concerts, est donné par chacune des dix minutes de cette composition traitant avec mépris le patriotisme américain. A peine le temps de souffler que le teigneux «Beautiful Mourning» nous secoue avec ses crissements, sa rythmique insolente, ses harmoniques et ses breaks aériens en chant clair…

Une introduction grave pour rendre un hommage puissant à un grand bonhomme du metal injustement assassiné, j’ai nommé «Dimebag» Darell Abbott, célèbre guitariste de Pantera. «Aesthetics of Hate» est plus qu’un hommage, c’est un acte de solidarité envers leur camarade largement insulté dans un article du même nom. Hormis des textes légèrement «rappés», ce titre reste excellent par un long «double-soli» de toute beauté et des parties rythmiques menées par une double grosse caisse millimétrée et un chant emprunt de rage mêlé de mélancolie.

La rage retombe avec «Now I Lay Thee Down», la mélodramatico-suicidaire histoire de deux personnages fictifs. Le côté musical se veut un peu «metal FM», avec ses passages légers et son chant clair la plupart du temps. Cependant l’évolution musicale du morceau se concentre sur l’histoire des deux protagonistes, la violence et la lourdeur musicale augmentant avec les péripéties noires de ces derniers. Le tambourinant «Slanderous» se charge de remettre le couvert et de refaire monter la mayo en rentrant dans le lard des divisions et de la haine qui existent au sein de la société (probablement américaine).

C’est une fois la tension remontée à son maximum que le sublime «Halo» fait son entrée avec son atmosphère lourde à la fois libératrice, appuyée par une basse omniprésente en guise d’introduction. Une rythmique provocatrice de headbang ponctuée d’harmoniques prend le relais pour enfin laisser Robb Flynn lancer son refrain planant et émouvant à souhait lorsque ce dernier s’effondre sur ces genoux sur scène. Soigné d’une ligne mélodique parfaite du long de ces neuf minutes au travers des différents riffs de guitare soliste, ce titre est tout simplement un monument incontournable de cet album.

Toujours dans le souci d’une ligne rythmique et mélodique soignée, «Wolves» se défend plutôt très bien. La multitude de riffs s’enchaîne au poil et les neuf minutes s’avalent comme une bière un jour de fête bavaroise. Sur le dernier titre, le quatuor de la Bay Area en revient à la guerre en Irak avec cet «adieu aux armes» que le groupe tente d’esquisser dans «A Farewell to Arms». Une ambiance musicale désespérée, lente, envoûtante et dépitée, comme une marche religieuse pleine de regrets.

Machine Head confirme un certain retour aux sources et démontre à nouveau son talent avec ce «second opus de la renaissance», tout aussi bien que le précédent, voire même peut-être un peu plus encore. Les émotions du miroir qui ne flatte pas sont parfaitement transmises, ce qui n’est rien à côté de l’effet que ces quatre rageux peuvent dégager sur scène !

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